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Ninaroz est une couleur particulière dans le panorama actuel ». Ainsi s’exprime le chanteur congolais Lokua Kanza, en commentant la toute première production solo de Mike Ibrahim. L’album a effectivement tout pour plaire. L’auteur d’abord, avec son petit côté faussement juvénile, fragile ; sa voix suave et précise dont on a l’impression qu’elle nous est familière. Ensuite, il y a les chansons, toutes interprétées en créole, et qui sont tantôt des ballades tantôt de vrais hymnes à la fête tels que l’on peut en connaître sous les Caraïbes. Puis viennent les orchestrations, limpides et raffinées. Un travail de maître qui a par exemple su remettre le zouk a sa juste place. C’est-à-dire, un élément parmi d’autres de la musique créole.
Car « Ninaroz » est avant tout un foisonnement de rythmes caribéens. Un alliage subtil entre bossa nova, mazurka, biguine et zouk, même si on retrouve également dans l’album, des influences reggae et jazzy. Mike Ibrahim veut apporter une note nouvelle dans les rythmes créoles, lui qui se considère pourtant comme un Antillais de cœur et de culture. Ainsi on peut noter l’utilisation des guitares électriques saturées qui n’existent pas dans le zouk ou encore la guitare folk, dont le chanteur a appris à jouer il y a dizaine d’années. Cocktail de rythmes et de sonorités que cet album de 13 titres, mais aussi mélange de couleurs tant dans les compositions que dans les thèmes abordés.
Contrairement à ce qu’on a souvent entendu dans le registre des musiques antillaises, on est assez loin des chansons mielleuses sur l’amour, la romance, même si le thème est présent dans des titres comme « Té ni soley ». Le discours est plutôt engagé, parfois militant : solidarité, respect des différences, quête de l’absolu. Bien sûr, l’artiste évoque aussi son quotidien, des faits-divers comme l’histoire tragique de Ninaroz.
Mike Ibrahim place la barre haut et se pose comme une figure de proue de la nouvelle vague de chanteurs créoles. L’album surprend parce qu’il va à l’encontre des clichés. Il prône l’ouverture et l’échange culturel tout en affirmant une identité forte, fruit de ses origines métissées du chanteur. C’est tout ce qui fait le charme de « Ninaroz »
MIKE IBRAHIM Lanmè pa lwen
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